Protection du Potentiel Scientifique et Technique
Le dispositif de protection du potentiel scientifique et technique de la nation (PPST) vise à protéger les savoirs, expertises et technologies les plus sensibles des établissements publics et privés (laboratoires de recherches, entreprises, etc.) localisés sur le territoire national, dont le détournement ou la captation pourraient :
- porter atteinte aux intérêts économiques et scientifiques de la nation,
- renforcer des capacités militaires étrangères ou affaiblir les capacités de défense françaises,
- contribuer à la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs,
- être utilisés à des fins terroristes sur le territoire national ou à l’étranger.
Une entreprise soumise à la protection PPST doit mettre en place des moyens organisationnels et techniques pour se protéger:
- Identification des zones à régime restrictif abritant les activités de recherche ou de production stratégique de l’établissement,
- Se doter d’une PSSI Politique de Sécurité des Systèmes d’Information,
- Adopter les bons réflexes d’hygiène informatique (ANSSI GHI),
- Mettre en place un espace clos avec un niveau de contrainte limité et flexible en fonction des cas,
- Contrôle les accès physique et logique de certaines zones, appelées « Zones à Régime Restrictif » (ZRR).
Pourquoi un Privileged Access Workstation est indispensable dans un environnement soumis à la PPST ?
Les organisations soumises au régime de la Protection du Potentiel Scientifique et Technique (PPST) — encadré par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) — doivent protéger des informations, savoir-faire et technologies considérés comme sensibles pour les intérêts fondamentaux de la Nation.
Dans ce contexte, la compromission d’un compte administrateur peut entraîner une exfiltration massive de données, une altération d’environnements de recherche ou une perte de maîtrise sur des infrastructures critiques.
C’est précisément là qu’intervient le Privileged Access Workstation (PAW).
1. Le risque structurel des comptes à privilèges
Les comptes à privilèges (administrateurs systèmes, cloud, annuaire, bases de données, hyperviseurs) constituent la cible prioritaire des attaquants.
Les vecteurs classiques sont :
- phishing ciblé,
- malware implanté sur un poste bureautique,
- compromission via navigateur ou messagerie,
- vol de jetons d’authentification.
Dans un environnement PPST, ces comptes donnent potentiellement accès à :
- des données scientifiques stratégiques,
- des environnements industriels sensibles,
- des infrastructures classifiées ou à diffusion restreinte.
Un simple poste utilisateur utilisé à la fois pour la bureautique et pour l’administration constitue donc un point de rupture majeur.
2. Qu’est-ce qu’un Privileged Access Workstation ?
Un PAW est un poste dédié exclusivement aux opérations d’administration et d’accès à privilèges élevés.
Il est isolé logiquement et organisationnellement du SI bureautique standard.
Ses caractéristiques typiques :
- usage exclusif pour tâches d’administration,
- interdiction de navigation Internet libre,
- absence de messagerie,
- durcissement système (hardening avancé),
- segmentation réseau stricte,
- authentification forte (MFA, carte à puce, certificat),
- supervision renforcée.
Le concept est notamment promu par le guide d’hygiène informatique de l’ANSSI, le standard ETSI TS 103 994, l’II901.
3. Pourquoi c’est indispensable en environnement PPST
a) Réduction drastique de la surface d’attaque
Le principe fondamental est la séparation des usages.
Un poste bureautique exposé à Internet est statistiquement beaucoup plus vulnérable qu’un poste isolé, restreint et administré strictement.
En PPST, cette séparation devient une exigence de maîtrise du risque :
Moins d’exposition = moins de probabilité de compromission d’un compte stratégique.
b) Conformité aux exigences de défense en profondeur
Les mesures attendues dans un cadre PPST reposent sur :
- cloisonnement,
- principe du moindre privilège,
- traçabilité,
- contrôle strict des accès sensibles.
Le PAW s’inscrit directement dans cette logique de défense en profondeur, en introduisant une barrière supplémentaire entre l’attaquant potentiel et les actifs critiques.
c) Protection contre les attaques de type credential theft
Les attaques modernes visent :
- le vol de hash NTLM,
- le dump mémoire LSASS,
- le vol de tokens Kerberos,
- les attaques Pass-the-Hash / Pass-the-Ticket.
Un PAW correctement configuré :
- interdit la connexion de comptes à privilèges sur des postes standards,
- limite la propagation latérale,
- empêche qu’un poste compromis devienne un tremplin vers le cœur du SI.
d) Maîtrise des flux réseau sensibles
Dans un environnement PPST, certains segments réseau doivent rester isolés (laboratoires, environnements industriels, plateformes de simulation).
Le PAW permet :
- un accès contrôlé via bastion,
- un filtrage strict des flux,
- une journalisation centralisée des actions d’administration.
4. Ce que le PAW n’est pas
Un PAW :
- n’est pas un simple poste « un peu plus sécurisé »,
- n’est pas un VPN supplémentaire,
- n’est pas un outil optionnel réservé aux grandes entreprises.
C’est une brique structurante de gouvernance des accès à privilèges.
5. Conclusion
Dans une organisation soumise à la PPST, la compromission d’un compte administrateur peut avoir des conséquences stratégiques majeures : perte de propriété intellectuelle, sabotage de travaux scientifiques, atteinte à la souveraineté technologique.
Le Privileged Access Workstation permet :
- de réduire la probabilité de compromission,
- de limiter l’impact en cas d’incident,
- d’aligner la sécurité opérationnelle avec les exigences réglementaires.
En environnement scientifique sensible, le PAW n’est pas une surcouche de sécurité.
Il constitue un prérequis de maturité cyber.
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